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DECLARATION DE GUERRE
Le président de la République :
Mes chers concitoyens, Voici bientôt douze ans que, grâce à vos suffrages, j'assume la plus haute fonction à la tête de l'Etat. Quelle qu'ait été la gravité de la situation, aussi bien au niveau du plan national qu'au plan du niveau international, jamais, vous le savez, jamais, au cours de ces douze années de mon mandat présidentiel, je ne me suis senti investi du droit d'interrompre une émission. Si je le fais ce soir, après avoir consulté le Premier ministre et le ministre des Armées, c'est que jamais, je dis bien jamais, car j'aime bien dire jamais, jamais le sort de la patrie n'a connu l'imminence d'un péril aussi grand. Mes chers concitoyens, la France et l'Allemagne, soucieuses de préserver contre vents et marées une tradition plus que centenaire, ont décidé d'entrer en guerre l'une contre l'autre ce soir même à 23 heures, heure de Greenwich. Mes chers concitoyens, cette guerre ne sera pas une guerre comme les autres. Malgré l'extrême irréversibilité des divergences qui poussent aujourd'hui nos deux peuples vers la réalisation d'un double holocauste, le chancelier Helmut Zallboch et moi-même avons, aux termes d'un ultime et commun accord, décidé d'utiliser les formidables possibilités de l'informatique afin de déterminer ensemble et par avance les conséquences exactes de cet effroyable conflit qui débutera donc tout à l'heure. Depuis plus de vingt ans, en effet, l'informatique a largement fait la preuve de sa fiabilité dans tous les secteurs de la vie économique, sociale et politique des Etats modernes, grâce à sa formidable capacité à digérer et à interpréter les sondages, les statistiques et les études de marché. Aujourd'hui, pour la première fois, deux irréductibles belligérants s'engagent sur l'honneur, sur le drapeau, devant Dieu et face au jugement de l'Histoire à accepter pour acquises les prévisions de l'ordinateur, auquel les gouvernements français et allemand ont demandé d'évaluer, à la décimale près, le nombre des morts, des blessés, et l'importance des dégâts épouvantables causés aux jolis paysages par cet horrible déchaînement de violence.
Forts de ces données, et soucieux de faire enfin une guerre propre et rapide qui ne devra rien au hasard, les gouvernements des deux pays ennemis ont décidé ce qui suit :
Article 1
Chacun des deux belligérants s'engage à tuer et à blesser lui-même, sur son propre territoire, les victimes prévues par l'ordinateur. Il s'engage à ravager lui-même son propre sol (démolition des immeubles, maisons et monuments, destruction des ponts, saccage des petits villages coquets, trous dans les prés, etc...). Article 2
Les fonctionnaires de l'administration civile et des entreprises privées comme Bouygues et Ciments Lafarge en France, se chargeront respectivement des pertes en vie humaine et des dégâts infligés à la beauté des sites. Si la quantité des victimes est imposée par l'ordinateur, leur qualité, en revanche, est laissée à la seule fantaisie de chacun des deux belligérants qui agira en fonction de ses propres critères de choix sélectifs.
Article 3
Les malheureuses victimes, dont nous n'oublierons jamais le sacrifice, seront exécutées à l'Aspégic 1000 cyanuré. La maison Black et Decker assurera bénévolement les amputations de nos sympathiques blessés.
Article 4
Dans le but d'épargner le matériel de mort très joli et extrêmement sophistiqué que chacun de nos deux pays entrepose jalousement depuis quarante ans, les armées françaises et allemandes seront totalement écartées du conflit. Afin de pallier l'inévitable préjudice moral infligé ainsi aux militaires, un certain nombre d'inoubliables héros seront désignés chaque samedi, par tirage au sort au loto glorieux, pour être décorés de la croix de guerre, par le Président, dans la cour d'honneur des Invalides. Par force, les décorations à titre posthume seront supprimées, mais les officiers légitimement soucieux de ne pas mourir dans leur lit auront le droit, pendant toute la durée du conflit, de mourir par terre.
Article 5
Celui des deux belligérants qui aura réussi le premier l'anéantissement de son pays, tel qu'il aura été prévu par l'ordinateur, aura gagné la guerre. Le vaincu demandera l'armistice le jour même, et les survivants du pays vainqueur se réjouiront dans la rue en bougeant des petits drapeaux. En cas d'ex-aequo, Maître Cornu, huissier à Zurich, proposera un conflit subsidiaire.
Mes chers concitoyens, le sacrifice auquel vous convie ce soir la patrie est lourd. J'en suis pleinement conscient. Mais que la tâche est exaltante ! Songeons, mes chers concitoyens, qu'il aura fallu cinq longues années de massacres anarchiques en 1914-18 et en 1940-44, pour tuer à peine deux millions d'Allemands, en comptant les chevaux et les juifs, alors qu'en quelques mois, pour peu que nous le voulions vraiment, nous en exécuterons près du double en deux fois moins de temps. Et cela en épargnant nous-mêmes, parmi ceux d'entre vous qui me regardent en ce moment, en épargnant nous-mêmes les plus méritants, les plus actifs, les plus forts, bref ceux qui seront les plus aptes à oeuvrer ensemble au redressement national et à la reconstruction de notre chère patrie dont il ne restera rien dans cinq ou six semaines !
Dès demain matin, mes chers concitoyens, des millions d'entre vous, hommes, femmes, enfants, seront invités personnellement par lettre recommandée à se rendre sans délai à la mairie de leur domicile pour y être exécutés sans douleur au nom de la raison d'Etat et après acceptation du dossier. Certains pourront s'estimer déçus, voire choqués, d'avoir été choisis. Je leur demande de faire confiance au gouvernement et à l'informatique seuls capables de décider de la qualité des hommes, en dehors de toute considération raciale ou religieuse, car cette guerre ne sera pas une guerre raciste. Il n'y a pas de race inférieure en Europe. Il n'y a que des bouches inutiles et des professions totalement tombées en désuétude. PIERRE DESPROGES - Fonds de Tiroirs -
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WELL
Après l'annonce de la disparition de notre cher RADIOBLOG , on a annoncé l'ouverture dudit site, dans la bonne tradition qui se doit de mieux connaître la LOI que quiconque ........
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ne pas se mouiller
Non, Rachida Dati n'est pas un petit crouton qu'on trempe dans sa soupe, son ptit chef, on sait pas, l'est sur sa ouate cellulosée. Indigestes. Malades pour quelques années. Justement ..puisque peu de monde en parle, qu'il faut prendre conscience que la jeunesse dans tous les cas de figure a besoin de soutien ... je vous laisse apprécier l' article . Soyez attentifs.
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CLOWN
A droite, sur la photo. P. Khorsand. Parce qu'à gauche là, c'est celui que tu vois actuellement sur ton écran tv qui fait de la pub pour je ne sais plus trop quoi. Un de nos clowns nationaux est mort hier. Peu de bruit, et pourtant,
c'était PALACE ...
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SALOPePRIE
"Il n'aura cependant aucunement échappé au lecteur que les maladies évoquées, soit par leur rareté (maladies génétiques), soit par leur spécificité (obésité, diabète, cancers, maladies dégénératives liées au vieillissement de la population), concernent en premier chef les nations développées. Ces "maladies de riches" sont, à l'évidence, prioritaires, puisqu'elles concernent un marché économiquement viable pour l'industrie pharmaceutique. Qu'en est-il des pays pauvres, au premier rang desquels les nations africaines ? La recherche sur les maladies parasitaires épargnant les pays riches est délaissée. Moins de 5% des sommes investies pour combattre le SIDA le sont dans les pays d'Afrique et d'Asie du Sud-Est où résident pourtant plus de 95% des malades. Par ailleurs, cent fois plus d'efforts sont consentis pour lutter contre les conséquences de l'hyperalimentation (obésité, diabète...) que pour améliorer la quantité et la qualité de l'alimentation proposée aux quelques 1,8 milliards de terriens souffrant encore de dénutrition et de malnutrition. Cet état de fait, particulièrement choquant lorsqu'il s'agit de l'inégalité des hommes devant la maladie et la mort, n'est cependant pas spécifique au domaine de la santé. La logique interne du progrès scientifique et technologique, moteur principal de l'économie des nations aisées, débouche sur l'aggravation des inégalités sous toutes leurs formes. En effet la science offre le moyen de mettre au point des techniques et de créer des outils pour accumuler des richesses qui, d'une part, créent le marché incitatif à l'investissement industriel et, d'autre part, sont elles-mêmes réinvesties dans la science et la technologie. Ce phénomène aboutit à l'effet "boule de neige" par lequel s'accroît perpétuellement l'écart entre les nations les plus riches et les plus pauvres. Dans ces dernières, le nombre de scientifiques et de techniciens pour cent mille habitants est au moins cent fois plus faible que dans les pays les plus industrialisés."" [Axel Kahn & Fabrice Papillon - Le Secret de la Salamandre -].
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